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Dernière mise à jour : 31.01.2026
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Le plus vieil ADN au monde,daté de 2 millions d’années

Publié le 08/12/2022 à 18:07 par photocosmos

Le plus vieil ADN au monde, daté de 2 millions d’années, découvert au Groenland

Les différents fragments d’ADN ont été parfaitement conservés car ils ont été congelés et retrouvés dans des surfaces peu exploitées

historique - Les différents fragments d’ADN ont été parfaitement conservés car ils ont été congelés et retrouvés dans des surfaces peu exploitées

La calotte glaciaire du Groenland, en juillet 2019.

Une découverte historique qui ouvre un nouveau chapitre pour la paléogénétique. De l’ADNde deux millions d’années, le plus vieux jamais extrait, a été mis à jour à partir de sédiments de l’ère glaciaire au Groenland, ont annoncé mercredi des scientifiques. « L’ADN peut survivre pendant 2 millions d’années, ce qui est deux fois plus vieux que l’ADN trouvé précédemment », explique Mikkel Winther Pedersen, l’un des principaux auteurs de l’étude publiée dans la revue scientifique Nature.

Identifiés dans des sédiments, les différents fragments d’ADN proviennent « de la partie la plus septentrionale du Groenland, appelée Cap Copenhague, et (sont) issus d’un environnement que nous ne voyons nulle part sur Terre aujourd’hui », dit-il. Ils ont été si bien conservés car congelés et retrouvés dans des surfaces qui ont été peu exploitées, poursuit le maître de conférences à l’Université de Copenhague.

« Les rivières (ont transporté) des minéraux et des matières organiques dans l’environnement marin, où ces sédiments terrestres ont été déposés. Et puis, à un moment, il y a environ 2 millions d’années, cette masse terrestre sous l’eau a été soulevée et est devenue une partie du Groenland du Nord », ajoute Mikkel Winther Pedersen. Cap Copenhague est aujourd’hui un désert arctique. Différents types de dépôts, dont des fossiles de plantes et d’insectes excellemment conservés, y avaient déjà été découverts. Les chercheurs n’avaient pas cherché à établir l’ADN des éléments retrouvés et très peu d’information existait sur l’éventuelle présence d’animaux.

 

Les travaux des chercheurs, qui ont commencé en 2006, ont permis de brosser un portrait de la région il y a 2 millions d’années. « Nous avions cet environnement forestier avec des mastodontes, des rennes et des lièvres et avec un grand nombre d’espèces végétales différentes. Nous avons trouvé 102 taxons végétaux différents », relève Mikkel Winther Pedersen. Selon lui, la présence de mastodonte est particulièrement notable car elle n’avait auparavant jamais été relevée aussi au nord.

Les chercheurs réfléchissent donc sur l’adaptabilité des espèces car il y a deux millions d’années le Groenland - « terre verte » en danois - connaissait des températures supérieures de 11 à 17 degrés à celles d’aujourd’hui mais sous ces latitudes, le soleil ne se couche pas les mois d’été ni ne se lève pendant l’hiver. « Nous ne voyons cette association d’espèces nulle part ailleurs sur la Terre aujourd’hui », a souligné le spécialiste de paléo-écologie. Cela « fait réfléchir à la plasticité des espèces : la manière dont les espèces sont effectivement en mesure de s’adapter à un climat, à différents types de climats, pourrait être différente de ce que nous pensions auparavant ».

 
« Une boîte de Pandore »

C’est grâce à une technologie novatrice que les chercheurs ont découvert que les 41 fragments étudiés sont plus anciens d’un million d’années que le précédent record d’ADN prélevé sur un os de mammouth sibérien. Il a fallu déterminer si de l’ADN était caché dans l’argile et le quartz puis qu’il était possible de le détacher du sédiment pour l’examiner. La méthode utilisée « fournit une compréhension fondamentale de la raison pour laquelle les minéraux ou les sédiments peuvent préserver l’ADN… c’est une boîte de Pandore que nous sommes sur le point d’ouvrir », explique Karina Sand, qui dirige le groupe de géobiologie à l’Université de Copenhague et a participé à l’étude.

Pour Mikkel Winther Pedersen, avec cette découverte, « nous rompons la barrière de ce que nous pensions pouvoir atteindre en termes d’études génétiques ». « On a longtemps pensé qu’un million d’années était la limite de la survie de l’ADN, mais aujourd’hui nous en sommes au double. Et évidemment, cela nous pousse à chercher des sites », ajoute-t-il. « Il y a plusieurs sites différents à travers le monde qui ont des dépôts géologiques qui remontent aussi loin. Et encore plus loin dans le temps », se félicite le chercheur.